Ce qui sépare un enchaînement de rushes d'un montage
Ce document rassemble les leviers qui rendent une publicité NarratiFluent vivante. Ce ne sont pas des conseils généraux de montage : chacun vient d'une correction d'Adrien ou d'un essai qui a raté, et se paie en temps quand on l'oublie.
La règle qui les gouverne tous : il ne doit jamais rien se passer pendant plus de trois ou quatre secondes. Un plan qui ne change pas — ni de cadrage, ni d'image, ni de texte à l'écran — est un plan mort, et le spectateur part.
1. Le mouvement d'appareil
Détaillé dans mouvements-de-camera.md. En résumé : les avatars générés bougent, le tournage réel
ne bouge pas, et Adrien tranche publicité par publicité.
2. Le découpage, et le rythme des plans
Un plan par réplique est le minimum, pas l'objectif. Sur une réplique longue, il faut couper à l'intérieur : un insert de B-roll sur un mot concret, puis retour. C'est ce qui donne l'impression qu'un monteur a travaillé, et c'est gratuit.
Le repère : dès qu'une réplique dépasse six ou sept secondes, elle demande au moins une coupe.
Les scripts fournissent d'eux-mêmes les points d'accroche — les didascalies **insert : …** sont
exactement là pour ça, et se lisent comme des ordres de montage.
2 bis. Les jointures ne s'entendent pas
Une coupe visuelle est franche. Une jointure sonore, jamais.
Ne jamais concaténer des MP3. Chaque fichier porte le délai et le remplissage de son encodeur, et la frontière entre deux laisse un artefact que l'oreille entend comme un choc. L'assemblage se fait en WAV de bout en bout, avec un seul encodage à la fin. Adrien a relevé le défaut sur deux publicités, à chaque jointure, en donnant les horodatages un par un.
Et un fondu très court sur chaque réplique — trente millisecondes à l'entrée, soixante-dix à la sortie. Une voix qui s'arrête net devant un silence numérique parfait sonne comme une bande coupée au ciseau, même sans artefact d'encodeur.
Le réflexe qui va avec : quand des horodatages signalés tombent tous sur des changements de réplique, la cause est dans l'assemblage, pas dans le contenu.
3. Les coupes sont sèches
Jamais de fondu enchaîné, jamais de transition à effet. Une coupe franche est la grammaire du format court ; un fondu signale immédiatement un montage amateur ou une publicité de 2010.
4. Les trois premières secondes
Le hook est la seule partie de la publicité que tout le monde verra. Elle ne commence pas par une respiration, pas par un logo, pas par un plan d'établissement. Le premier mot tombe sur la première image. Une voix qui démarre par un souffle audible perd la seconde qui compte le plus — c'est une correction explicite d'Adrien.
5. Les sous-titres
Détaillés dans sous-titres.md. Deux points tiennent tout le reste : ils sont calés au mot par
la reconnaissance vocale, jamais par réplique entière ; et ils disparaissent quand un texte
occupe déjà l'écran, sinon on lit deux choses à la fois.
6. Le son sous l'image
Le silence pur trahit le montage autant qu'une image figée. Une ambiance discrète — rue, pièce, plateau — installe le lieu et se pose au montage, jamais dans la voix elle-même.
Deux règles apprises à leurs dépens : l'ambiance se coupe sous la voix off, qui n'est nulle part et ne peut donc pas avoir de décor ; et le calage du débit porte sur la voix seule, jamais sur le mixage, sinon les voitures accélèrent avec la phrase.
La musique de fond reste à trancher — voir chaine-de-production.md.
7. La carte de fin
Détaillée dans cartes-de-fin.md. Elle n'est pas un écran de générique : c'est le dernier moment
où l'on demande le clic, et elle porte le mouvement qui va avec.
8. Les trois formats se vérifient séparément
Ce qui est bien composé en 9:16 peut être décapité en 16:9. Le recadrage ou le fond flou se décide
par format, jamais une fois pour toutes — voir formats-de-livraison.md.
Le contrôle avant de livrer
Avant d'envoyer une maquette, se poser ces questions dans l'ordre. Chacune a déjà valu un renvoi.
- Y a-t-il un plan qui dure plus de quatre secondes sans que rien ne change ?
- La voix commence-t-elle sur la première image, sans souffle d'ouverture ?
- Les sous-titres sont-ils entiers, à l'image, et absents quand un texte occupe l'écran ?
- Les plans parlés bougent-ils — ou ne bougent-ils pas, si c'est du tournage réel ?
- L'ambiance est-elle coupée sous la voix off ?
- La carte de fin dit-elle où cliquer ?
- Les trois formats tiennent-ils la composition, chacun de son côté ?