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Anatomie d'un script NarratiFluent

Analyse des vingt scripts validés par Adrien les 6 et 7 septembre 2026 — Ads 120 à 139. Ce n'est pas une liste de préférences, c'est ce que les scripts retenus ont en commun, mesuré sur le texte. À relire avant d'écrire un batch.


1. La phrase

Médiane : 11 mots. Moyenne : 11,5. Plus longue phrase retenue : 35 mots. 35 % des phrases font 8 mots ou moins.

C'est le chiffre le plus parlant de l'analyse. Un script validé alterne des phrases moyennes et des phrases très courtes, et il n'y a jamais deux longues phrases de suite. Les courtes portent les coups : « Et c'est faux. » « Rien ne sortait. » « Il part en mars. » Les moyennes portent l'explication.

Aucune phrase ne dépasse 35 mots, et celles qui en approchent sont toujours des énumérations (« sans grammaire, sans liste de vocabulaire, sans exercice et sans application mobile »), jamais des subordonnées empilées.

2. Les charnières

Fréquence des mots qui ouvrent une phrase, sur les vingt scripts :

Et 49 C'est 20 Mais 10 Alors 9
Ce n'est 8 Depuis 6 Pourtant 6 Résultat 2
Heureusement 2 Sauf que 2 Or 1 Donc 1

« Et » en tête de phrase est la signature du texte parlé, et c'est de très loin la charnière la plus utilisée. C'est ce qui donne au script son allure de quelqu'un qui raconte plutôt que de quelqu'un qui rédige. « Sauf que » et « Pourtant » marquent les retournements ; « Résultat » et « Alors » enchaînent la conséquence ; « Heureusement » ouvre le pivot.

Corollaire de la règle du fil conducteur : une phrase sur trois environ commence par une charnière. Quand un paragraphe n'en contient aucune, c'est le signe qu'il empile des constats.

3. Le hook

Le mot « anglais » figure dans les vingt hooks, dans la première ou la deuxième proposition. Sans exception. C'est la règle la plus stricte du corpus.

Neuf formes reviennent, et elles sont interchangeables selon l'angle :

  • La négation frontale — « Regarder des séries en VO ne te fera jamais parler anglais. »
  • L'impératif de rupture — « Arrête de réviser ton anglais. » « Arrêtez de traduire l'anglais dans votre tête. »
  • Le portrait puis le retournement — « Vous avez tout réussi dans la vie… mais il vous manque une chose : l'anglais. »
  • La contradiction de statut — « Tu es respectée toute la journée dans ton métier. Et tu redeviens une enfant dès qu'il faut parler anglais. »
  • La durée accusatrice — « Vingt ans que votre mari parle anglais à votre place. »
  • Le tiers nommé — « Pierre-Yves a assisté à… », « Thierry va passer sa retraite… », « Cette fille a fondu en larmes… »
  • L'hypothèse contrefactuelle — « Si vous aviez eu cette Hongroise comme prof d'anglais… »
  • L'objet mystérieux — « Ce petit "ver" dans votre cerveau… »
  • La comparaison absurde — « Parler anglais, c'est beaucoup plus simple que d'opérer un cœur. »

Aucun hook ne pose de question ouverte sans y répondre, sauf quand la question EST la promesse (« Comment a-t-elle fait pour améliorer son anglais aussi rapidement ? »).

4. La structure du corps

Les vingt scripts suivent le même squelette, avec des blocs qui peuvent sauter mais jamais changer d'ordre :

  1. HOOK — le sujet est dit.
  2. L'absolution — « et ce n'est pas de votre faute », « je sais que ce n'est pas ta faute ». Présente dans dix-sept scripts sur vingt, presque toujours dans les trente premiers mots.
  3. La douleur, en situations concrètes — jamais en abstraction. Le plan du jeudi, le comptoir, le ponton, la réception d'hôtel, la visio du mardi.
  4. La cause — soit le mécanisme, soit l'école, soit les autres méthodes. Un seul des trois par script, jamais les trois.
  5. La conséquence, enchaînée immédiatement — les trois secondes, le train de retard, les gens qui font un effort pour se faire comprendre.
  6. Le pivot — « Cependant », « Heureusement », « Il existe pourtant », « Jusqu'au jour où ».
  7. OFFER — l'objet, puis le clic.
5. L'OFFER

Il nomme toujours l'artefact avant de demander le clic, et cet artefact varie d'un script à l'autre : une présentation, une présentation scientifique, une masterclass, un webinaire d'entreprise, une vidéo. Ne jamais employer deux fois le même mot dans un batch.

La formule du clic varie aussi : « cliquez sur le lien sous la vidéo », « cliquez sur le lien juste en dessous », « je te laisse cliquer sous la vidéo », « il suffit de cliquer sur le bouton ».

Douze OFFER sur vingt se terminent par un bénéfice contextuel repris du script lui-même : « et osez enfin faire ce voyage dont vous avez toujours rêvé », « et en finir vous aussi avec ce comportement d'évitement », « pour voyager sans plus jamais avoir personne au milieu pour traduire ». C'est ce qui distingue un appel à l'action d'une consigne.

6. La typographie du texte dit

Les majuscules servent uniquement à opposer deux termes : APPRENDRE contre ABSORBER, l'INVERSE, LIRE. Deux occurrences par script au maximum.

Les chiffres. Les données se notent en chiffres — 93 %, 13 %, 30 %, 4,5 %, 500 à 1 000 €, 20 minutes, 35 ans, 900 francophones. Les petits nombres du récit restent en lettres — trois secondes, seize langues, sept semaines, trente minutes.

Aucun tiret cadratin dans le texte dit. Une virgule à la place. Le tiret ne subsiste que dans les didascalies, où il sépare des indications techniques.

Les guillemets français pour les répliques rapportées et pour les mots qu'on met à distance : « Attends papa, je vais demander », un « bon élève », ce petit « ver ».

7. Ce qu'on ne trouve dans aucun script validé
  • Une phrase qui nomme un concept au lieu de décrire une situation (« c'est un empêchement », « on appelle ça de la discrétion »).
  • Un démonstratif qui renvoie à un élément jamais introduit (« ce protocole »).
  • Une expression de remplissage (« la preuve mille fois refaite », « le projet est réel »).
  • Une analogie désamorcée par la phrase suivante.
  • Un bénéfice qu'un débutant complet pourrait déjà revendiquer.
  • Le mot « gratuit ».
  • Un fragment listé là où une phrase entière était possible.

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